La naturopathie est une pratique de bien-être fondée sur l’hygiène de vie : alimentation, activité physique, sommeil, gestion du stress. En France, elle n’est pas une profession de santé reconnue et ne remplace ni un diagnostic ni un traitement médical, ce qui impose de bien choisir son praticien.
Les repères avant de consulter
- Aucun diplôme d’État ne sanctionne la naturopathie en France.
- Un symptôme, une maladie ou un traitement en cours relèvent d’abord du médecin.
- Un praticien sérieux ne promet pas de guérison et ne conseille jamais d’arrêter un traitement.
Ce que recouvrent la naturopathie et les médecines douces
La naturopathie regroupe des conseils d’hygiène de vie présentés comme une approche globale de la personne : alimentation, exercice, respiration, relaxation, recours à des plantes ou à des compléments alimentaires. Le terme « médecines douces » désigne plus largement un ensemble de pratiques comme la réflexologie, la sophrologie, l’hypnose ou l’aromathérapie.
Les autorités françaises les rangent parmi les « pratiques de soins non conventionnelles ». Leur efficacité n’a pas, pour la plupart, été démontrée par des études scientifiques solides, et elles ne sont pas enseignées dans le cursus des professions médicales. Certaines techniques, comme l’acupuncture ou l’hypnose, sont toutefois pratiquées par des médecins, des sages-femmes ou d’autres professionnels de santé dans le cadre de leur exercice.
Le succès de ces pratiques tient souvent au temps d’écoute accordé, plus long qu’une consultation médicale classique, et à l’envie de prendre en main sa santé au quotidien.
Un statut non réglementé qui impose la prudence
Le métier de naturopathe n’est pas réglementé en France. Il n’existe ni diplôme d’État, ni ordre professionnel, ni contrôle des formations, qui vont de quelques semaines à plusieurs années selon les écoles. N’importe qui peut donc se déclarer naturopathe, et les consultations ne sont pas remboursées par l’Assurance maladie ; certaines mutuelles en prennent une partie en charge.
Les contrôles officiels montrent l’intérêt de cette prudence. Une enquête de la DGCCRF sur les praticiens de médecines alternatives, dont des naturopathes, a relevé des anomalies chez environ deux tiers des professionnels contrôlés, selon Le Quotidien du Médecin : informations incomplètes, conditions de vente abusives et allégations de santé non justifiées. La Miviludes, chargée de la vigilance sur les dérives sectaires, signale de son côté que le domaine de la santé et du bien-être concentre une part importante des signalements qu’elle reçoit.
Comment reconnaître un praticien sérieux ?
Un praticien sérieux se reconnaît d’abord à ce qu’il ne promet pas. Il ne pose pas de diagnostic, ne prétend pas guérir une maladie, ne remet pas en cause un traitement prescrit et oriente vers un médecin dès qu’un symptôme le justifie.
- il indique clairement sa formation, ses tarifs et la durée des séances avant le rendez-vous ;
- il ne vend pas de cures coûteuses ni de produits en grande quantité lors de la première consultation ;
- il ne dissuade jamais de voir un médecin, de faire un examen ou de suivre un traitement ;
- il n’exige pas de couper le contact avec l’entourage ou les soignants.
Un discours qui oppose « médecine officielle » et « vraie santé naturelle », ou qui promet des résultats rapides sur une maladie grave, doit alerter. Les signalements peuvent être adressés à la DGCCRF pour une pratique commerciale trompeuse, ou à la Miviludes en cas de soupçon d’emprise.
Compléments alimentaires et plantes : des produits à ne pas banaliser
Les compléments alimentaires et les plantes conseillés en naturopathie sont des produits actifs, pas des produits anodins. Certaines plantes interagissent avec des médicaments : le millepertuis, par exemple, réduit l’efficacité de plusieurs traitements, dont certains contraceptifs oraux et anticoagulants. D’autres sont déconseillées pendant la grossesse ou chez l’enfant.
L’Anses gère un dispositif de nutrivigilance qui recueille les effets indésirables liés aux compléments alimentaires et publie des avis sur les produits à risque. Avant de prendre un complément, surtout avec un traitement en cours, l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien est la précaution de base. Les compléments ne peuvent pas revendiquer de prévenir, traiter ou guérir une maladie : la réglementation européenne l’interdit.
Une place à côté du suivi médical, jamais à sa place
Les pratiques de bien-être peuvent accompagner une meilleure hygiène de vie quand elles restent à leur place. Bouger davantage, mieux dormir, cuisiner plus de produits frais ou apprendre à se détendre sont des conseils que partagent aussi les médecins, et que les programmes de santé publique encouragent.
À l’hôpital, certains services proposent des soins de support, comme la relaxation, l’art-thérapie ou l’activité physique adaptée, en complément des traitements, notamment en cancérologie. Ces approches sont encadrées par l’équipe soignante. Pour toute question de santé, le médecin traitant reste l’interlocuteur à consulter en premier ; il peut aussi aider à juger si une pratique complémentaire est compatible avec un traitement.
